Conakry, le 3 août 2026-Le Ministère du Plan, de la Coopération Internationale et du Développement (MPCID), à travers la Direction Générale de la Coordination et du Suivi des Aides (DG-CSA), avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a organisé à l’Hôtel Kaloum l’Atelier de validation des Termes de Référence pour la mise en place d’une Plateforme de Gestion de l’Aide (PGA) en République de Guinée.

Présidée par S.E.M. Ismaël NABÉ, Ministre du Plan, de la Coopération Internationale et du Développement, la cérémonie a enregistré la présence du Secrétaire général et de la Cheffe de Cabinet du MPCID, de conseillers à la Primature, de M. Mohamed CAMARA, Directeur général de la Coordination et du Suivi des Aides, du Dr Hassan DIALLO, Directeur national du Plan et Coordinateur du PROREC, ainsi que de représentants du PNUD, des partenaires techniques et financiers, des responsables des Bureaux de Stratégie et de Développement (BSD) et d’experts sectoriels.
Des travaux techniques et participatifs
Les travaux ont démarré par une brillante présentation du consultant, consacrée au contexte, aux enjeux, à la méthodologie et à la vision cible de la future plateforme. Cette communication a permis de rappeler les limites du dispositif actuel : dispersion des informations entre plusieurs administrations, fragmentation des données sur les engagements et les décaissements, cartographie incomplète des interventions, faible consolidation des résultats et insuffisance des mécanismes d’interopérabilité.

À l’issue de cette présentation, les participants ont été répartis en cinq groupes techniques consacrés au diagnostic de l’existant, à l’architecture fonctionnelle, aux données et référentiels, à l’interopérabilité et à la sécurité, ainsi qu’à la gouvernance institutionnelle et au cadre juridique. Les BSD et les experts sectoriels ont notamment été invités à préciser les besoins métiers, les circuits de collecte et de validation des données et l’articulation de la PGA avec les systèmes nationaux de planification et de suivi. « Les pays qui réussissent ne sont pas nécessairement ceux qui mobilisent le plus de ressources. Ce sont ceux qui savent le mieux les organiser, les coordonner, les suivre et les orienter vers leurs priorités nationales. », a déclaré S.E.M. Ismaël NABÉ.
Faire de l’aide un levier de souveraineté et de transformation
Dans son discours d’ouverture, le Ministre Ismaël NABÉ a rappelé que l’aide publique au développement ne constitue pas une fin en soi. Elle devient un instrument de souveraineté lorsqu’elle est pleinement alignée sur la vision du pays, un instrument de transformation lorsqu’elle finance les infrastructures, les écoles, les hôpitaux, l’agriculture, l’énergie et le capital humain, et un instrument de confiance lorsqu’elle est gérée avec transparence, efficacité et redevabilité.

Depuis l’indépendance en 1958, la Guinée a noué de solides partenariats avec la communauté internationale, permettant de financer des milliers de projets dans la santé, l’éducation, l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, la protection sociale, la gouvernance et le développement local. Toutefois, l’État ne dispose pas toujours, en temps réel, d’une vision exhaustive de l’ensemble des ressources extérieures mobilisées, de leur répartition territoriale et sectorielle, ni de leurs résultats consolidés.
Une réforme alignée sur le Programme Simandou 2040
La mise en place de la PGA s’inscrit pleinement dans la dynamique du Programme Simandou 2040, voulu par Son Excellence Monsieur Mamadi DOUMBOUYA, Président de la République. Cette vision vise à bâtir un État stratège, capable de planifier, coordonner, mesurer et évaluer ses politiques publiques, en faisant de la modernisation de l’État, de la gouvernance, du développement durable et de l’inclusion sociale des axes structurants de la transformation nationale. « La Plateforme de Gestion de l’Aide n’est donc pas un simple logiciel. Elle est une réforme de gouvernance, de transparence et de souveraineté administrative. », S.E.M. Ismaël NABÉ
La future plateforme devra centraliser les accords et conventions de coopération, suivre les engagements financiers et les décaissements, évaluer les résultats des projets, géolocaliser les interventions, améliorer la programmation des investissements et renforcer la coordination entre l’État et ses partenaires. Elle alimentera également le suivi des Objectifs de développement durable et du Programme Simandou 2040.

L’ambition affichée est de passer d’une logique de gestion administrative de l’aide à une logique de pilotage stratégique des ressources du développement, autour d’une plateforme unique, d’une base de données nationale de référence, d’une vérité statistique partagée et d’une architecture cohérente.
Deux innovations structurantes
La première innovation concerne la création d’un Guichet unique numérique pour le traitement et le suivi des exonérations fiscales et douanières accordées aux partenaires techniques et financiers. Ce dispositif devra réduire les délais, simplifier les procédures, améliorer la traçabilité, renforcer la transparence et fluidifier les relations entre l’administration guinéenne et ses partenaires.
La seconde porte sur la constitution du premier Répertoire national numérisé des accords et conventions de coopération signés par la République de Guinée depuis 1958. Au-delà de la gestion documentaire, cette initiative vise à préserver la mémoire diplomatique, économique et institutionnelle du pays, à protéger sa souveraineté documentaire et à transmettre aux générations futures le patrimoine institutionnel de la République.
Une plateforme ouverte, fiable, sécurisée et intelligente
La PGA sera alignée sur les standards internationaux et s’inspirera notamment de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide, de la Déclaration de Paris, du Programme d’Action d’Accra, du Partenariat de Busan, de l’Agenda d’Addis-Abeba sur le financement du développement et de l’Agenda 2030.

Elle devra dialoguer avec les systèmes nationaux de gestion des investissements publics, la chaîne PPBSE, les outils budgétaires et financiers de l’État et les plateformes analytiques utilisées par les partenaires internationaux. « Nous voulons une plateforme ouverte. Interopérable. Fiable. Sécurisée. Intelligente. Une plateforme capable d’éclairer les décisions publiques grâce à la puissance de la donnée. », S.E.M. Ismaël NABÉ.
Une nouvelle culture administrative fondée sur les résultats
Le Ministre a salué le travail de la DG-CSA, qui pilote cette réforme avec professionnalisme et vision, en collaboration avec les autres structures de l’État. Il a également remercié les directions nationales concernées, l’Institut National de la Statistique, les ministères sectoriels, l’Agence Nationale de Digitalisation de l’État ainsi que les partenaires techniques et financiers mobilisés autour de cette initiative.
La future plateforme devra traduire une nouvelle culture administrative : une culture où les décisions reposent sur des données fiables, où chaque partenariat est aligné sur les priorités nationales, où chaque franc mobilisé est traçable et où la confiance entre l’État et ses partenaires repose sur la transparence, la performance et les résultats. « La meilleure coopération n’est pas celle qui apporte simplement des ressources ; c’est celle qui renforce durablement la capacité d’un État à conduire lui-même son destin. », S.E.M. Ismaël NABÉ.
Les recommandations des groupes seront consolidées afin de finaliser les Termes de Référence et de lancer la conception de la PGA.
