UNE GUINEE NOUVELLE EST POSSIBLE

Energie : la mission d’évaluation de la BID juge satisfaisant les projets de son portefeuille dans le secteur

Conakry, le 11 septembre 2026 –Le Ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABE, a présidé la réunion de restitution de la mission d’évaluation du portefeuille de la Banque islamique de développement (BID) dédié au secteur de l’énergie en Guinée. En sa qualité de Gouverneur représentant la Guinée auprès de la BID, le Ministre NABE était entouré de son homologue de l’Énergie, Laye Sékou CAMARA, ainsi que des responsables des unités de gestion des projets.

Cette rencontre a permis de faire le point sur des investissements globalement satisfaisants réalisés entre 2013 et 2025. Elle a également mis en lumière les défis à relever pour accélérer la concrétisation des initiatives et répondre à la croissance rapide des besoins énergétiques du pays.

Présentant le rapport de la mission, le chef de l’équipe d’évaluation a précisé que l’analyse avait porté sur quatre projets clés du domaine énergétique, représentant un financement total d’environ 337 millions de dollars. Deux opérations majeures sont désormais finalisées : le projet d’interconnexion de l’OMVG, achevé en 2024, bénéficiant d’un financement global de 77 millions d’euros dont 63,7 millions ont été déboursés, et le PRELEC 2, clôturé en 2025, pour un montant total de 82 millions de dollars, dont près de 80 millions ont été versés.

Deux autres initiatives sont actuellement en phase de lancement : le Projet d’amélioration de l’accès à l’électricité (PAEG), doté de 90 millions de dollars et dont la mise en œuvre a débuté en février 2024, ainsi que la centrale thermique de 40 MW à Kankan, démarrée en avril 2026 et pour laquelle les processus de préqualification et d’appel d’offres sont déjà bien avancés.

Pour la mission, l’ensemble des projets s’aligne parfaitement sur les priorités nationales. Elle observe que, là où les travaux sont achevés, les bénéfices sont concrets et notables, en particulier pour le PRELEC 2. Le nombre annuel de coupures dans la zone d’intervention serait passé d’environ 930 à 400, tandis que les périodes d’indisponibilité ont chuté de près de 10 000 à environ 3 000 heures.

La visite du poste de Linsan a également permis d’apprécier l’importance des infrastructures mises en place dans le cadre de l’interconnexion. Véritable point stratégique du réseau électrique, ce poste assure l’acheminement de l’énergie vers plusieurs régions du pays et facilite les échanges avec les systèmes des nations voisines de la sous-région.

Bien que le bilan soit jugé positif, la mission a néanmoins identifié plusieurs aspects nécessitant une attention particulière, au premier rang desquels figurent les délais de réalisation.

La centrale thermique de 40 MW de Kankan se positionne désormais comme une priorité absolue pour le secteur. Ce projet, dont le lancement remonte à avril 2026, est en phase de préqualification et de passation des marchés. Les autorités souhaitent une accélération des procédures afin de permettre le début effectif des travaux dans les plus brefs délais.

Le Ministre de l’Énergie, Laye Sékou CAMARA, estime même que la puissance de 40 MW pourrait s’avérer insuffisante à moyen terme, compte tenu de l’évolution de la demande et des exigences des localités destinées à bénéficier du projet. L’objectif est donc d’anticiper dès à présent les besoins futurs et d’étudier la possibilité d’accroître la capacité de production, afin d’éviter qu’une infrastructure nouvellement construite ne soit rapidement dépassée par la demande.

Il a préconisé la mise en place de centres de répartition de la distribution, notamment à Kankan, pour garantir une surveillance en temps réel des infrastructures, une détection rapide des pannes et une intervention plus efficace des équipes techniques.

Le Ministre Ismaël Nabé a exprimé sa pleine satisfaction face aux conclusions de l’évaluation et a salué le travail accompli par les équipes de la BID et les responsables des projets. Pour lui, cette analyse représente une étape fondamentale dans une démarche qui doit désormais s’étendre à d’autres domaines. Il a souhaité que ce type d’évaluation soit progressivement appliqué aux autres champs d’intervention de la BID. L’ambition est d’obtenir une compréhension précise de l’impact des financements, d’identifier les obstacles et de mieux orienter les futurs investissements.

Par ailleurs, le Ministre NABE a appelé à une adaptation profonde des méthodes de mise en œuvre aux nouvelles réalités du pays. Cette question prend une dimension particulière avec le programme Simandou 2040, qui ouvre de vastes perspectives d’industrialisation et de modernisation économique. « Rien ne saurait s’accomplir sans l’énergie », a rappelé le Ministre, soulignant que le succès de Simandou 2040 dépendra notamment de la capacité du pays à disposer d’une énergie abondante, fiable et compétitive.

Il a encouragé une réflexion collective sur la rationalisation des processus d’appel d’offres, de lancement et de concrétisation des projets. Il ne s’agit pas, a précisé le Ministre, de remettre en question les principes de bonne gouvernance et de contrôle, mais d’assurer que les démarches soient mieux ajustées à l’urgence et à l’ampleur des besoins actuels. Les délais de plusieurs années constatés sur certains chantiers sont, à son avis, incompatibles avec le rythme de mutation que connaît aujourd’hui la Guinée.

Les deux ministres et la BID prévoient notamment d’œuvrer conjointement à la fluidification des procédures concernant la centrale de Kankan, les initiatives d’extension des réseaux et les autres interventions en cours.

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