UNE GUINEE NOUVELLE EST POSSIBLE

Jour 2 WCAF 5 : Simandou 2040 au cœur d’une mobilisation financière internationale pour accélérer la transformation économique de la Guinée

Conakry, le 21 octobre 2026 – Mobilisation de capitaux, cofinancement, préparation de projets bancables, coopération entre institutions financières et stabilité macroéconomique : le panel de clôture du West and Central Africa Investment and Development Forum (WCAF 5) a mis en lumière les leviers essentiels pour transformer les ambitions de développement en investissements concrets. Au centre des échanges, le Programme Simandou 2040 s’est imposé comme une priorité stratégique nécessitant une mobilisation collective de l’État guinéen, du secteur privé et des partenaires financiers internationaux.

Prenant la parole en ouverture du panel, le ministre guinéen du Plan et de la Coopération internationale, Ismael Nabé, a rappelé l’ampleur des ambitions portées par Simandou 2040, le programme national de développement économique et social sur quinze ans, avec une première phase couvrant la période 2026-2030. Pour sa mise en œuvre, la Guinée ambitionne de mobiliser 65 milliards de dollars.

Le ministre a présenté une architecture de financement reposant sur la complémentarité des acteurs : 40 % attendus du secteur privé, 30 % de l’État, 15 % du futur fonds souverain et 15 % des partenaires au développement. Il a notamment souligné l’importance des collaborations avec la Banque africaine de développement (BAD), la Banque européenne d’investissement (BEI), UK Export Finance et la Banque mondiale.

Pour Ismael Nabé, la réussite de cette stratégie passe par la coconstruction et le cofinancement des projets. L’enjeu est désormais de transformer les engagements et les priorités inscrites dans le programme en réalisations concrètes, capables de soutenir l’industrialisation, de diversifier l’économie et d’améliorer les conditions de vie des populations. « 5 % est sur le papier, 95 % est exécution », a-t-il résumé, insistant sur la nécessité de passer résolument de la planification à l’action.

Des financements accessibles pour sécuriser la transformation économique

Dans son intervention, Moussa Cissé, conseiller du président de la République, a insisté sur la nécessité de mobiliser des financements à moindre coût pour accompagner durablement la transformation des économies africaines. Selon lui, les partenariats stratégiques doivent permettre aux États, mais aussi aux entreprises privées, d’accéder à des ressources adaptées à leurs besoins d’investissement.

Soulignant le rôle moteur du secteur privé dans la création de richesses, il a appelé à renforcer la coopération avec le Royaume-Uni et les institutions financières de développement. Il a également mis en avant les évaluations économiques de la Guinée par le Fonds monétaire international au titre de l’article IV, évoquant les progrès enregistrés dans la gestion macroéconomique du pays.

Dans la même dynamique, Abdul Kamara, ministre de la Sierra Leone, a souligné l’importance de la préparation des projets et de la coordination des partenaires financiers. Il a expliqué que les institutions de développement peuvent contribuer à rendre les investissements bancables grâce à des études de faisabilité solides, une meilleure structuration financière, une répartition appropriée des risques et des mécanismes de financement adaptés.

Évoquant l’accompagnement de la BAD dans plusieurs projets structurants, il a également mis en avant la dimension régionale des investissements liés à Simandou, dont les retombées peuvent dépasser les frontières guinéennes. La préparation technique, la coordination des bailleurs et la sécurisation des financements constituent, selon cette approche, des conditions déterminantes pour accélérer l’exécution des projets prioritaires.

La complémentarité des institutions au service des investissements

Le président de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) a, pour sa part, rappelé le rôle des institutions financières régionales dans le financement des infrastructures et le développement des économies ouest-africaines. Il a indiqué que la banque avait engagé plus de 5 milliards de dollars dans différents secteurs, notamment l’énergie, les transports, les mines, l’éducation et la santé.

En Guinée, il a évoqué un accord de financement d’environ 270 millions de dollars destiné à soutenir des projets dans les secteurs de l’énergie et des transports. Il a également souligné l’importance du cofinancement, de la syndication et des mécanismes de refinancement des banques commerciales pour faciliter l’accès des entreprises aux ressources financières.

Cette approche rejoint l’appel de Tim Reid, qui a plaidé pour une coopération renforcée entre les institutions financières internationales. Pour le représentant de la DFC américaine, les différences de mandats ne doivent pas conduire à une concurrence entre les partenaires. Les besoins des pays bénéficiaires doivent rester au centre des décisions, afin de favoriser la réalisation d’infrastructures durables et de maximiser l’impact des investissements.

La stabilité macroéconomique, un pilier de la confiance des investisseurs

Intervenant sur les conditions nécessaires à la fluidité des investissements et des flux financiers transfrontaliers, le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Karamo Kaba, a mis l’accent sur la maîtrise de l’inflation, le renforcement des réserves de change et l’amélioration des mécanismes de financement de l’économie.

Il a notamment évoqué la progression des réserves de change, annoncées à environ 4,5 milliards de dollars, contre 1,5 milliard un an auparavant. Il a également expliqué le choix de maintenir le taux directeur à 6 %, en soulignant le poids des facteurs externes dans les tensions inflationnistes.

Au-delà de la stabilité monétaire, le gouverneur a insisté sur la nécessité d’améliorer le rapatriement des recettes d’exportation et de diversifier les circuits de financement accessibles aux entreprises. L’objectif est de mieux mobiliser les ressources générées par l’activité minière et de les mettre davantage au service de l’investissement productif et de la diversification économique.

Du financement à l’impact : le défi de l’exécution

Au terme des échanges, un message commun s’est dégagé : la transformation économique de la Guinée et de l’Afrique de l’Ouest exige davantage qu’une mobilisation de capitaux. Elle suppose des projets techniquement solides, des financements accessibles, une coordination efficace entre partenaires et un environnement macroéconomique favorable à l’investissement.

À travers Simandou 2040, la Guinée entend mobiliser les capacités complémentaires des institutions financières internationales, des banques régionales, du secteur privé et de l’État pour accélérer la réalisation de ses priorités de développement.

Le panel de clôture du WCAF 5 aura ainsi souligné la nécessité de faire de la coopération financière un levier concret de transformation économique : non seulement mobiliser les ressources, mais les convertir en infrastructures, en activités productives, en emplois et en opportunités durables pour les populations.

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