Addis-Abeba : La Guinée prend la tête de l’ARC et appelle à une souveraineté africaine renforcée face aux risques catastrophiques

Addis-Abeba, le 9 avril 2026 – La République de Guinée, à travers son Ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABE, a marqué de son empreinte la 16ᵉ Conférence des Parties (CdP) de l’African Risk Capacity (ARC), en assumant officiellement la présidence de cette instance stratégique dédiée à la gestion des risques catastrophiques sur le continent. Dans un discours à forte portée politique et opérationnelle, la Guinée a plaidé pour une appropriation souveraine accrue des mécanismes africains de réponse aux catastrophes.

Prenant la parole au nom de la Guinée et des États membres de l’ARC, le Ministre Ismaël Nabé a exprimé « une émotion sincère et une fierté profonde » face à la confiance accordée à son pays pour présider cette 16ᵉ session. Cette responsabilité intervient dans un contexte marqué par l’intensification des chocs climatiques et la nécessité d’accélérer les réponses africaines coordonnées.

S’appuyant sur l’expérience historique de la Guinée, notamment lors de l’épidémie d’Ebola en 2014, le Ministre Ismaël NABE a rappelé la valeur stratégique de la solidarité africaine et des mécanismes innovants comme l’ARC, capables de fournir des réponses rapides et adaptées aux crises.

Des résultats probants, mais des défis structurels persistants

Le Ministre NABE a mis en exergue les performances significatives de l’ARC depuis sa création. Depuis 2014, l’institution a mobilisé plus de 260 millions de dollars d’indemnités souveraines, protégé plus de 160 millions de personnes et transféré plus de 1,5 milliard de dollars de risques.

Ces interventions, rendues possibles grâce à des mécanismes d’assurance paramétrique, ont permis des décaissements rapides, évitant l’aggravation des crises humanitaires. Des exemples concrets ont été cités, notamment à Madagascar, au Niger et au Sénégal, où les financements ont contribué à préserver les moyens de subsistance des populations vulnérables. « L’ARC ne produit pas des statistiques — elle produit de la dignité », a souligné le Ministre, insistant sur l’impact humain des interventions.

Vers une souveraineté financière accrue de l’ARC

Au cœur des priorités de cette CdP 16 figurent des décisions structurantes pour l’avenir de l’institution. Au nom de la Guinée, le Ministre NABE a notamment plaidé en faveur de l’adoption d’un mécanisme contraignant de cotisations des États membres, une première dans l’histoire de l’ARC.

Cette réforme vise à réduire la dépendance de l’institution vis-à-vis des partenaires extérieurs et à renforcer son autonomie stratégique. « Une institution africaine qui dépend à cent pour cent de partenaires extérieurs n’est pas pleinement souveraine », a affirmé le Ministre Ismaël NABE.

En parallèle, la question de la gouvernance et de la viabilité financière a été posée avec lucidité. La Guinée propose l’instauration d’un cadre structuré de dialogue entre États membres et partenaires afin de bâtir un modèle financier plus robuste et durable.

Un plaidoyer pour un partenariat renouvelé et équilibré

Le Ministre Ismaël NABE a également rendu un hommage appuyé aux partenaires techniques et financiers, notamment l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Union européenne, le Canada, la Suisse et la Banque africaine de développement, dont le soutien a été déterminant dans le développement de l’ARC.

Toutefois, au-delà de la reconnaissance, la Guinée appelle à une évolution vers des partenariats fondés sur la co-construction, la transparence et l’égalité stratégique, en cohérence avec les ambitions d’une Afrique plus autonome.

L’engagement concret de la Guinée dans le dispositif ARC

Le Ministre Ismaël NABE a réaffirmé l’engagement de la Guinée à intégrer pleinement le pool d’assurance souveraine de l’ARC. Dans cette optique, la Guinée prévoit de relancer son groupe technique national afin de modéliser les risques, notamment les inondations, en vue de souscrire à une police d’assurance. Cet engagement s’inscrit dans la dynamique du Programme Simandou 2040, qui vise à renforcer la résilience économique et sociale du pays face aux chocs exogènes.

Par ailleurs, Conakry a officiellement annoncé sa candidature pour accueillir la 17ᵉ Conférence des Parties, un signal fort de son implication croissante dans les mécanismes continentaux.

Une vision : une Afrique capable de se protéger elle-même

Le Ministre Ismaël NABE, président de la CdP 16, a lancé un appel fort à l’unité et à la responsabilité collective des États africains. Face aux crises climatiques récurrentes, l’enjeu dépasse la simple gestion des risques : il s’agit de construire une Afrique capable de répondre à ses propres défis sans dépendance excessive. « Nous sommes ici pour protéger un idéal, celui d’une Afrique capable de se protéger elle-même », a-t-il déclaré.

Une présidence tournée vers les résultats

La Guinée assurera pendant un an la présidence des Etats. Le Ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABE, présidera de la Conférence des Parties de l’ARC et le Directeur National du Plan, Dr Hassane DIALLO, la présidence des hauts fonctionnaires gouvernementaux.

S’engageant à une gouvernance rigoureuse et inclusive, le Ministre Ismaël NABE a promis un suivi effectif des décisions prises lors de cette conférence, avec la production d’un rapport d’avancement dans un délai de six mois.

La présidence guinéenne de la CdP 16 s’annonce ainsi comme une étape charnière dans la transformation de l’ARC en un instrument pleinement souverain, efficace et au service des populations africaines.

Rencontre avec le Président de la CEA

En marge de la 16ᵉ Conférence des Parties (CdP) de l’African Risk Capacity (ARC), le Ministre Ismaël NABE a rencontré M. Claver GATETE, président de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) pour discuter de la Vision Simandou 2040.

Les échanges se sont essentiellement portés sur l’autonomisation des Guinéens dotés de compétences et de connaissances pour la transformation nationale, entre autres domaines de collaboration avec la CEA.