Guinée : Londres et Paris renforcent leur coopération en faveur du développement autour du programme Simandou 2040

Conakry – La Guinée s’impose progressivement comme un nouveau pôle d’attraction pour les investisseurs internationaux. À travers une série d’initiatives majeures soutenues par le Royaume-Uni et la France, le pays accélère la mise en œuvre de son ambitieux programme de transformation économique, Simandou 2040.

Les 23 et 24 mars 2026, la capitale guinéenne accueillera une mission économique britannique de haut niveau, organisée avec le soutien de UK Export Finance. Quelques jours plus tard, du 30 mars au 1er avril, un second rendez-vous d’envergure réunira investisseurs et décideurs autour du programme Parcours Business International, en partenariat avec Bpifrance.

Une convergence d’intérêts internationaux

Ces deux initiatives illustrent une dynamique nouvelle : celle d’une convergence d’intérêts entre partenaires européens majeurs autour du potentiel économique guinéen. Portée par le président Mamadi Doumbouya, cette stratégie vise à repositionner la Guinée comme une destination d’investissement crédible et compétitive en Afrique de l’Ouest.

Le gouvernement, avec l’appui du Premier ministre Amadou Oury Bah, multiplie les démarches pour attirer des financements structurants et encourager les partenariats public-privé.

Des financements ciblés sur les secteurs clés

Au cœur de la mission britannique, les mécanismes de financement de UK Export Finance occupent une place centrale. L’institution accompagne déjà plusieurs projets à fort impact en Guinée, notamment dans :

  • les infrastructures de transport et administratives
  • le développement énergétique, avec des réseaux électriques renforcés
  • l’éducation, à travers la construction d’établissements scolaires

Ces investissements visent à lever les principaux freins au développement et à soutenir une croissance durable.

Simandou 2040, catalyseur de transformation

Point de convergence de ces initiatives, le programme Simandou 2040 structure la vision économique du pays. Présenté par le ministre du Plan Ismaël Nabé, il ambitionne de transformer une économie historiquement dépendante des ressources naturelles en un modèle diversifié, axé sur l’industrialisation et l’export.

Pour les partenaires internationaux, ce programme constitue une feuille de route claire, offrant visibilité et opportunités dans des secteurs variés, de l’énergie à l’agriculture, en passant par le numérique.

Bpifrance mise sur l’innovation et le secteur privé

En parallèle, l’initiative portée avec Bpifrance met l’accent sur le renforcement du tissu entrepreneurial. À travers un format innovant mêlant tables d’experts, rencontres sectorielles et sessions de networking, l’événement vise à faciliter les échanges directs entre entreprises, investisseurs et institutions.

Un temps fort réunira près de 700 participants autour de panels dédiés à l’innovation, aux infrastructures et à l’environnement, confirmant l’intérêt croissant des acteurs internationaux pour le marché guinéen.

Conakry, nouveau hub de dialogue économique

En l’espace de quelques semaines, Conakry se positionne ainsi comme un carrefour stratégique de dialogue économique entre l’Afrique de l’Ouest et ses partenaires européens. La tenue successive de ces forums illustre une volonté commune : structurer des partenariats durables et accélérer la concrétisation de projets à fort impact.

À travers cette mobilisation, la Guinée envoie un signal fort à la communauté internationale : celui d’un pays en transformation, ouvert aux investissements et résolument engagé sur la voie d’une croissance inclusive et durable.

Guinée–Turquie : Une coopération renforcée au service du développement économique et technique

Le Ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABE, a reçu en audience, ce mercredi 18 mars 2026, Son Excellence Rifat Cem Örnekol, Ambassadeur de Turquie en Guinée, accompagné de Monsieur Enes AKEL, Conseilller Commercial de l’ambassade. Cette rencontre s’inscrit dans une volonté commune de renforcer la coopération bilatérale, en mettant particulièrement l’accent sur le développement économique, l’investissement et le renforcement des capacités.

Le Ministre Ismaël NABE était entouré du Secrétaire Général, l’Ambassadeur Kabèlè Soumah, ainsi que de la Directrice Nationale Adjointe de la Coopération Internationale, Mme Housseinatou Bah. Dès l’entame des échanges, il a souligné l’importance d’un partenariat renforcé avec la Turquie, insistant sur le rôle central du secteur privé, appelé à porter près de 60 % des projets du programme Simandou à l’horizon 2040.

Selon lui, les entreprises turques disposent d’un fort potentiel pour intervenir en Guinée. Il a également présenté les principaux mécanismes de financement envisagés, reposant sur une mobilisation conjointe du fonds souverain guinéen, des partenaires techniques et financiers, de l’État et surtout du secteur privé, pour une enveloppe globale estimée à 200 milliards de dollars.

Le Ministre a, par ailleurs, identifié les secteurs prioritaires de cette coopération, notamment le logement, le capital humain, les infrastructures, l’énergie, l’eau et la santé. Il a précisé la structuration financière des projets du programme Simandou, répartie entre le fonds souverain (20 %), les partenaires techniques (15 %), le gouvernement (30 %) et le secteur privé (40 %). Il a également plaidé pour une plus grande visibilité et une implication accrue des entreprises turques, au-delà des deux principales actuellement présentes en Guinée qui sont la gestion du port autonome de Conakry et l’extension de l’aéroport internationale Ahmed Sekou TOURE.

La question de la formation des cadres guinéens, notamment dans les domaines de la statistique et de la planification, a été mise en avant comme un levier essentiel pour la réussite du programme.

De son côté, l’Ambassadeur de Turquie a exprimé l’engagement de son pays à approfondir la coopération bilatérale, notamment en soutenant les entreprises turques désireuses de s’implanter en Guinée. Il a réaffirmé l’intérêt de la Turquie pour des projets structurants dans divers secteurs et insisté sur la nécessité de mettre en place un cadre structuré et attractif pour faciliter les investissements.

Il a également évoqué la possibilité de mobiliser des institutions financières internationales, telles que Turkish EximBank, afin d’accompagner le financement des projets et de sécuriser les investissements. Dans cette dynamique, il a encouragé la signature de protocoles d’accord pour formaliser les partenariats et accélérer leur mise en œuvre.

Sur le volet du renforcement des capacités, il a salué les expériences réussies de formation en Turquie et exprimé la volonté de poursuivre ces initiatives au bénéfice des cadres guinéens.

Enfin, Monsieur Enes AKEL, Conseilller Commercial de l’ambassade a de son côté annoncé l’organisation prochaine d’événements conjoints et a insisté sur la nécessité d’une coordination étroite entre les deux parties, tout en soulignant le rôle déterminant de la Chambre de commerce et des structures locales dans l’accompagnement des entreprises.

Il a ensuite relevé les progrès significatifs des échanges commerciaux entre la Guinée et la Turquie, dont le volume a atteint près de 300 millions de dollars en 2025, avec un objectif de 500 millions à court terme. Il a également annoncé la venue prochaine à Conakry d’une délégation de 14 entreprises turques, dans le cadre d’une mission organisée avec les exportateurs turcs, comprenant une exposition et des rencontres avec les autorités guinéennes.

Il a enfin insisté sur la nécessité de disposer d’un portefeuille clair de projets à court et moyen terme, pour attirer davantage d’investisseurs, tout en appelant à une transformation rapide des accords en actions concrètes.