Coopération Guinée–Japon : vers une mobilisation accrue du secteur privé japonais autour du Programme Simandou 2040

Conakry, le 16 février 2026 – Le Ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Monsieur Ismaël Nabé, a accordé une audience à Son Excellence l’ambassadeur du Japon, M. Kato Ryuichi. Ce dernier était accompagné de son chargé d’affaires, M. Tarui Toshiharu. Le ministre Nabé, de son côté, était entouré des membres de son cabinet et des directeurs.

Cette visite a été consacrée au renforcement du partenariat stratégique entre la Guinée et le Japon, notamment autour des opportunités majeures offertes par le Programme Simandou 2040. Les échanges ont notamment porté sur la nécessité de rassurer les partenaires japonais quant à la stabilité, l’organisation institutionnelle et l’aptitude de la Guinée à accueillir des investissements étrangers structurants.

Un environnement désormais sécurisé et structuré

Le Ministre NABÉ a souligné que la Guinée est engagée dans un programme de transformation responsable, plaçant la sécurité et la gouvernance au rang des priorités nationales. Il a insisté sur le fait que le pays est désormais prêt à accueillir les investisseurs internationaux dans un cadre stabilisé, organisé et orienté vers des résultats concrets.

Rappelant que le Programme Simandou 2040 constitue une priorité stratégique nationale mobilisant des volumes d’investissement considérables, le Ministre a exprimé le souhait de voir le Japon occuper une place significative dans ces projets. Il a notamment souligné que de nombreux équipements et technologies utilisés dans le méga-projet Simandou sont d’origine japonaise, sans que cela ne se traduise systématiquement par une visibilité directe dans les statistiques ou la reconnaissance officielle des partenariats. À cet effet, il a plaidé pour une présence plus affirmée et une visibilité assumée du savoir-faire japonais en Guinée, tant en matière d’ingénierie que d’équipements industriels.

Le Ministre NABÉ a salué le travail accompli par l’Ambassadeur dans le renforcement des relations bilatérales, tout en soulignant le rôle déterminant que jouera la représentation diplomatique guinéenne à Tokyo pour porter la voix de la Guinée auprès des autorités et des entreprises nippones.

Cap sur les statistiques et l’ingénierie des données

Un second volet majeur de l’audience a concerné le développement des capacités nationales en matière de statistiques et de gestion de l’information. Le Ministre NABÉ a exprimé la volonté de voir le Japon accompagner la Guinée dans la construction d’un centre de formation dédié aux statistiques et aux sciences des données ; le renforcement des capacités techniques en matière de collecte, de traitement et d’analyse de données ; la formation de jeunes ingénieurs et spécialistes nationaux.

Il a précisé que l’enjeu ne réside pas uniquement dans les infrastructures physiques, mais surtout dans la valorisation du capital humain, capable de soutenir les politiques publiques par une production statistique fiable et moderne. Reconnu pour son expertise technologique, le Japon apparaît comme un partenaire naturel dans ce domaine. Des requêtes officielles seront prochainement transmises pour structurer cette coopération.

Perspectives d’investissement et prêts concessionnels

S.E.M. KATO Ryuichi a félicité le Ministre NABÉ pour sa reconduction à la tête du département et l’a remercié d’avoir honoré de sa présence la fête nationale du Japon, qui célébrait également un demi-siècle de coopération entre les deux pays.

Saluant le retour de la Guinée sur la scène internationale, l’Ambassadeur a déclaré que les entreprises nippones manifestaient leur intention d’investir dans le pays. Il a sollicité le soutien du MPCID pour faciliter leur implantation et a annoncé au Ministre l’arrivée imminente de délégations de chefs d’entreprise japonais en mission de prospection.

Le diplomate a en outre spécifié qu’au vu de ses indicateurs économiques récents, la Guinée est désormais éligible, peut désormais accéder aux prêts en yens à taux concessionnels, caractérisés par des taux d’intérêt faibles et des remboursements à long terme.

Le Ministre Ismaël NABÉ a confirmé que la Guinée est candidate à ces financements, qui soutiendront les projets structurants du Programme Simandou 2040. Enfin, il a réaffirmé la volonté du Gouvernement, sous l’impulsion du Chef de l’État et en coordination avec le Premier ministre, d’inscrire la coopération Guinée–Japon dans une dynamique nouvelle, axée sur l’investissement productif, le transfert de technologie et la création de valeur partagée.

MPCID : Conakry abrite le Séminaire inter-régional en analyse macrobudgétaire

Conakry, le 16 février 2026 – Le Ministre du Plan, de la Coopération Internationale et du Développement, Ismaël NABE, a participé à la cérémonie d’ouverture du Séminaire inter-régional en analyse macro-budgétaire aux côtés de son homologue de l’Économie, des Finances et du Budget, ainsi que des responsables du Fonds monétaire international et des centres régionaux AFRITAC.

Cette rencontre de haut niveau réunit une soixantaine de parlementaires et hauts fonctionnaires issus de dix-neuf pays d’Afrique centrale et de l’Ouest autour des enjeux liés à l’élaboration et à l’intégration des cadres budgétaires pluriannuels dans le cycle budgétaire. Les interventions ont mis en évidence l’importance stratégique du cadrage macro-budgétaire dans un contexte marqué par la multiplication des chocs exogènes et les exigences accrues de soutenabilité, de transparence et de crédibilité des finances publiques.

Le Ministre Ismaël NABE, en tant que principal responsable de la planification stratégique nationale et de la coordination de la coopération internationale, son département joue un rôle central dans l’alignement des politiques publiques, des cadres budgétaires et des priorités de développement.

Selon lui, dans un contexte mondial instable, marqué par des chocs exogènes à répétition, le gouvernement guinéen prône une rupture avec les méthodes passées. Pour lui, l’analyse macro-budgétaire est devenue un « instrument fondamental d’aide à la décision publique ». Le CBMT n’est plus présenté comme un simple exercice technique, mais comme un levier de souveraineté permettant d’anticiper les risques, d’évaluer la soutenabilité de la dette et d’assurer que chaque dépense publique s’inscrit dans une trajectoire de développement crédible.

Même que cette rigueur budgétaire est le socle de la vision portée par le Président de la République, Mamadi Doumbouya. Cette discipline est notamment indispensable au succès du programme « Simandou 2040 ».

Pour transformer les richesses minières en capital humain et social durable, la Guinée mise sur des indicateurs fiables. Le récent rebasage du PIB est, à ce titre, une avancée majeure citée par le Ministre NABE pour refléter la réalité des secteurs émergents et renforcer la crédibilité des projections nationales.

Un langage commun pour séduire les investisseurs

Au-delà des frontières nationales, la maîtrise du cycle budgétaire pluriannuel est un enjeu diplomatique et financier. Selon le Ministre NABE, la crédibilité budgétaire est le « langage commun » qui conditionne la confiance des investisseurs internationaux et la qualité du dialogue avec des partenaires comme le FMI et la Banque mondiale.

Les responsables du FMI ont rappelé que la pluriannualité budgétaire, adossée à un cadre macroéconomique robuste, constitue désormais un standard international indispensable pour renforcer la discipline budgétaire et améliorer la qualité de la dépense publique. Les travaux, structurés autour d’approches conceptuelles, de partages d’expériences et de mises en situation pratiques, visent à identifier les principaux défis liés aux cadres budgétaires à moyen terme et à formuler des recommandations opérationnelles pour leur intégration effective dans les processus nationaux.

À travers sa participation active, la Guinée réaffirme son engagement en faveur de la modernisation de la gestion des finances publiques. Les documents de programmation budgétaire pluriannuelle seront au cœur de la mise en œuvre du programme national de transformation « Simandou 2040 », destiné à structurer durablement le développement économique du pays, en assurant une meilleure articulation entre planification stratégique, allocation des ressources et résultats attendus.